<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[L'IA produit. L'humain conseille.]]></title><description><![CDATA[Par Patrice Schellekens, expert-comptable agréé ITAA. La transformation du métier, vue depuis la pratique belge. L'IA est le levier, le conseil reste le métier.]]></description><link>https://lettre.patriceschellekens.be</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!q1vC!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F5eb71b63-504d-409b-9182-d9a0bc304241_1024x1024.png</url><title>L&apos;IA produit. L&apos;humain conseille.</title><link>https://lettre.patriceschellekens.be</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Wed, 14 Oct 2026 20:54:21 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://lettre.patriceschellekens.be/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[Patrice Schellekens]]></copyright><language><![CDATA[fr]]></language><webMaster><![CDATA[patriceschellekens@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[patriceschellekens@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[Patrice Schellekens]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[Patrice Schellekens]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[patriceschellekens@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[patriceschellekens@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[Patrice Schellekens]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[Brancher une IA sur une base comptable, sans y laisser sa responsabilité]]></title><description><![CDATA[Un module &#224; activer, une cl&#233; &#224; g&#233;n&#233;rer, une adresse &#224; Le branchement tient dans le quart d'heure, sur le papier. La d&#233;cision, elle, reste enti&#232;re. Les cinq garde-fous &#224; poser avant de g&#233;n&#233;rer une cl&#233;.]]></description><link>https://lettre.patriceschellekens.be/p/brancher-une-ia-sur-une-base-comptable</link><guid isPermaLink="false">https://lettre.patriceschellekens.be/p/brancher-une-ia-sur-une-base-comptable</guid><dc:creator><![CDATA[Patrice Schellekens]]></dc:creator><pubDate>Thu, 27 Aug 2026 11:24:12 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!q1vC!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F5eb71b63-504d-409b-9182-d9a0bc304241_1024x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>Un module &#224; activer, une cl&#233; &#224; g&#233;n&#233;rer, une adresse &#224; coller. &#192; en croire les notes de version, brancher une intelligence artificielle sur une base Odoo en 19.4 tient dans le quart d&#8217;heure.</p><p>J&#8217;ai voulu le v&#233;rifier sur ma propre base. Rat&#233;, pour l&#8217;instant. Elle est encore en 19.3. La migration avance par vagues sur les bases Odoo Online, et ma vague n&#8217;est pas pass&#233;e. Le contretemps rend service, au fond. Il laisse le temps d&#8217;&#233;crire les r&#232;gles avant que la cl&#233; existe.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://lettre.patriceschellekens.be/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu L'IA produit. L'humain conseille. ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p>Merci de lire ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p><p><span>Car le changement, lui, est bien l&#224;, et il est pass&#233; presque inaper&#231;u dans le m&#233;tier. Depuis la version 19.4, publi&#233;e en juillet, Odoo fait de chaque base un serveur MCP (</span><a href="https://www.odoo.com/odoo-19-4-release-notes">notes de version officielles</a><span>). En clair, la base expose d&#233;sormais une prise normalis&#233;e. Un agent IA autoris&#233;, Claude ou un autre, s&#8217;y branche et interroge les donn&#233;es en langage naturel. Sans export, sans tableau crois&#233;, sans d&#233;veloppement sp&#233;cifique.</span></p><p>Jeudi matin, j&#8217;ai publi&#233; sur LinkedIn un carrousel qui d&#233;roule ce trajet en neuf pages. Cette lettre tient la promesse faite sous ce post : l&#8217;analyse compl&#232;te. Ce que ce branchement apportera r&#233;ellement, et ce qu&#8217;il ne saura jamais lire. Les cinq garde-fous &#224; poser avant de g&#233;n&#233;rer la moindre cl&#233; sur une base qui contient des dossiers clients. Et le calcul qui d&#233;cide si l&#8217;op&#233;ration vaut la peine.</p><p>Une transparence avant d&#8217;entrer. Je dirige un r&#233;seau d&#8217;experts-comptables, et accompagner ces transformations fait partie de son m&#233;tier. Les garde-fous qui suivent n&#8217;en d&#233;pendent pas. Ils se posent seul, avec vos droits d&#8217;acc&#232;s et une page &#233;crite.</p><h2><strong>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un serveur MCP, et pourquoi maintenant ?</strong></h2><p>Le MCP, pour Model Context Protocol, est un standard qui d&#233;crit comment un logiciel d&#233;clare &#224; un agent IA ce qu&#8217;il sait faire, et comment l&#8217;agent s&#8217;en sert. Une prise normalis&#233;e, en somme. Le logiciel expose ses donn&#233;es et ses fonctions, l&#8217;agent les interroge, l&#8217;authentification passe par une cl&#233; que l&#8217;administrateur g&#233;n&#232;re et r&#233;voque.</p><p>Le sigle va revenir souvent cette ann&#233;e, et il m&#233;rite deux minutes d&#8217;attention pour une raison pr&#233;cise : le co&#251;t du branchement s&#8217;effondre. Des cabinets se connectaient d&#233;j&#224; &#224; leur logiciel par API, au prix d&#8217;un d&#233;veloppement par outil, avec son int&#233;grateur, son budget et sa maintenance. Un standard remplace tout cela par un r&#233;glage d&#8217;administrateur. L&#8217;USB a fait le m&#234;me travail avec les c&#226;bles propri&#233;taires. La prise est devenue commune, et depuis, tout le monde peut brancher.</p><p>Entre pouvoir et faire, il y a encore un pas. &#192; ma connaissance, personne ou presque ne se connecte par MCP en Belgique aujourd&#8217;hui. Le standard sort &#224; peine. Les bases Odoo Online, elles, passent en 19.4 au rythme des migrations planifi&#233;es par l&#8217;&#233;diteur. Si le module n&#8217;appara&#238;t pas encore chez vous, votre tour n&#8217;est simplement pas venu. C&#8217;est mon cas au moment d&#8217;&#233;crire ces lignes. Le jour o&#249; ma base passe, je reviens ici avec le retour d&#8217;essai.</p><h2><strong>&#192; quoi bon, si votre logiciel produit d&#233;j&#224; tous les rapports ?</strong></h2><p>Le gain se loge dans ce qu&#8217;aucun rapport ne sait lire : le contexte qui entoure la pi&#232;ce.</p><p>Interroger la base, votre logiciel le fait d&#233;j&#224;, plus vite et plus s&#251;rement qu&#8217;un agent. Une balance &#226;g&#233;e, un &#233;tat de TVA, une liste de factures ouvertes sortent en deux clics. Si le branchement ne servait qu&#8217;&#224; reformuler ces rapports en langage naturel, il serait un gadget.</p><p>Prenez un ticket de restaurant. Seul, il se traite en frais de restaurant, d&#233;ductibles &#224; 69 % : l&#8217;article 53, 8&#176;bis du CIR 92 &#233;carte 31 % de leur quotit&#233; professionnelle. Le m&#234;me ticket peut pourtant changer de r&#233;gime. Il suffit que le repas ait &#233;t&#233; la f&#234;te du personnel, toute l&#8217;&#233;quipe autour de la table. Ces frais-l&#224;, l&#8217;administration les admet en d&#233;duction (Com.IR 92, n&#176; 53/214 &#224; 216). La limite des frais de restaurant ne les concerne plus. Tout se joue dans une information, l&#8217;occasion du repas, qui ne figure nulle part sur la pi&#232;ce. Aucun agent ne l&#8217;y trouvera, m&#234;me le plus puissant.</p><p>Le partage du travail se dessine l&#224;. L&#8217;agent relit des volumes entiers, avec une question pr&#233;cise en main. Il ressort par exemple les tickets trait&#233;s &#224; 69 % alors qu&#8217;une note d&#8217;&#233;v&#233;nement dort au dossier. L&#8217;humain fabrique et valide le contexte que la machine relit. La valeur ne sort de la base que si quelqu&#8217;un l&#8217;y a mise. L&#8217;IA produit. L&#8217;humain conseille.</p><p>Deux cas d&#8217;usage, pris dans la pr&#233;paration d&#8217;une cl&#244;ture, fixent les id&#233;es. Demandez la liste des paiements pour lesquels aucune facture ne figure au dossier. La liste tombe, le gestionnaire la valide. Un second branchement, celui de la bo&#238;te mail, pr&#233;pare alors pour chaque client la demande des pi&#232;ces manquantes. Le gestionnaire relit, et envoie. Demandez ensuite les factures encod&#233;es en 2026 qui portent une date de 2025. L&#8217;agent pr&#233;pare les &#233;critures de factures &#224; recevoir. Le gestionnaire valide, le logiciel enregistre. Le travail de fronti&#232;re entre deux exercices s&#8217;y pr&#234;te bien. La question est pr&#233;cise, le volume est r&#233;el. Et la d&#233;cision, elle, reste humaine. Il existe autant de cas que de contr&#244;les dans un dossier. Ces deux-l&#224; suffisent &#224; montrer le principe.</p><h2><strong>O&#249; est le risque, concr&#232;tement ?</strong></h2><p>Un agent qui lit peut aussi &#233;crire, et il agit sans &#233;tat d&#8217;&#226;me.</p><p><span>Aaron Harris, directeur technique de Sage, a racont&#233; ce printemps sur la sc&#232;ne de Sage Future l&#8217;histoire de son agent d&#8217;essai personnel, pr&#233;nomm&#233; Arthur. Deux factures du m&#234;me montant arrivent le m&#234;me jour. Arthur en conclut &#224; un doublon, et supprime l&#8217;une des deux (</span><a href="https://diginomica.com/sage-future-2026-no-more-ai-black-boxes-are-customers-ready-trust-ai-audited-workflows">le r&#233;cit est chez diginomica</a><span>). Remarquer la co&#239;ncidence relevait du travail bien fait. Supprimer sans demander, voil&#224; la faute. Harris en a tir&#233; la ligne qu&#8217;il impose d&#233;sormais &#224; ses &#233;quipes : en finance, un agent explique ce qu&#8217;il compte faire avant de le faire, ou il ne le fait pas.</span></p><p><span>La deuxi&#232;me couche de risque tient &#224; la nature des donn&#233;es. Une base de cabinet, ce sont les chiffres de dizaines de clients. Leurs marges, leurs fournisseurs, parfois leurs difficult&#233;s que personne d&#8217;autre ne conna&#238;t. Ces donn&#233;es tombent sous le secret professionnel de l&#8217;expert-comptable. La </span><a href="https://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?language=fr&amp;la=F&amp;cn=2019031703&amp;table_name=loi">loi du 17 mars 2019</a><span> l&#8217;organise, et l&#8217;article 458 du Code p&#233;nal punit sa violation. Le RGPD s&#8217;applique par-dessus, en r&#232;glement europ&#233;en directement applicable en Belgique. Brancher un agent externe, c&#8217;est faire entrer un maillon de plus dans la cha&#238;ne de traitement de ces donn&#233;es. O&#249; elles vont, et sous quel contrat. La question se r&#232;gle avant la premi&#232;re requ&#234;te.</span></p><h2><strong>Les cinq garde-fous avant de g&#233;n&#233;rer une cl&#233;</strong></h2><p>Voici les cinq r&#232;gles que je poserais avant de g&#233;n&#233;rer la moindre cl&#233;. Sur ma base le jour venu, comme devant tout confr&#232;re qui se lance. Chaque cabinet reste juge de sa situation, et un cas particulier m&#233;rite un examen particulier.</p><p><strong>1. Une cl&#233; d&#233;di&#233;e, jamais le compte administrateur.</strong><span> L&#8217;agent voit exactement ce que voit l&#8217;utilisateur qui porte la cl&#233;. Cr&#233;ez un utilisateur sp&#233;cifique, r&#233;duisez ses droits au p&#233;rim&#232;tre voulu, g&#233;n&#233;rez la cl&#233; sur lui, avec une dur&#233;e de validit&#233; courte et renouvelable. Le p&#233;rim&#232;tre de l&#8217;IA se r&#232;gle alors dans votre gestion des droits, un terrain que vous ma&#238;trisez depuis toujours.</span></p><p><strong>2. La lecture d&#8217;abord, l&#8217;&#233;criture jamais sans main humaine.</strong><span> Un agent en lecture r&#233;pond &#224; des questions. Pass&#233; en &#233;criture, il cr&#233;e, modifie et supprime. Vos droits d&#8217;acc&#232;s tranchent d&#233;j&#224; la question. Donnez la cl&#233; &#224; un utilisateur limit&#233; &#224; la lecture, et l&#8217;agent sera limit&#233; &#224; la lecture. Si un jour vous ouvrez l&#8217;&#233;criture, imposez le brouillon. L&#8217;agent pr&#233;pare l&#8217;&#233;criture, un gestionnaire la valide. Rien ne se comptabilise sans main humaine. L&#8217;agent propose, l&#8217;humain ex&#233;cute. Arthur avait peut-&#234;tre raison sur le doublon. Il a eu tort d&#8217;agir seul.</span></p><p><strong>3. Tout doit se voir, tout doit pouvoir se couper.</strong><span> Un journal de qui a interrog&#233; quoi, et quand. Et un r&#233;flexe de comptable pour la suite. Le jour o&#249; des &#233;critures arrivent d&#8217;un module ext&#233;rieur, ouvrez-leur un livre-journal s&#233;par&#233;. Tout ce qui entre par l&#8217;IA se retrouve d&#8217;un simple filtre, et le contr&#244;le se fait en bloc, sans devoir trier ses traces au milieu du travail des gestionnaires. Pr&#233;voyez enfin la coupure, et que toute l&#8217;&#233;quipe la connaisse. Supprimer la cl&#233; suffit, l&#8217;effet est imm&#233;diat. Testez ce geste une fois, le jour du branchement. Personne n&#8217;a envie de l&#8217;apprendre en plein incident.</span></p><p><strong>4. Le tri avant la prise.</strong><span> Le branchement se d&#233;cide p&#233;rim&#232;tre par p&#233;rim&#232;tre. Quels dossiers, sur quelles p&#233;riodes. Commencez par un pilote, avec l&#8217;accord du client si ses donn&#233;es sont en jeu, et le RGPD r&#233;gl&#233; en amont, contrat de sous-traitance compris. Ce tri se pr&#233;pare autour de la table, avec l&#8217;&#233;quipe comptable. Quelles informations du dossier sont critiques, celles qu&#8217;une erreur rend co&#251;teuses ? On les liste d&#8217;avance, et le contr&#244;le les surveillera en premier. La solution comptable se valide au m&#234;me titre que la technique, par ceux qui tiennent les dossiers.</span></p><p><strong>5. Un cadre &#233;crit avant la premi&#232;re question.</strong><span> Une page suffit. Qui d&#233;cide du branchement chez vous, et dans quels cas on d&#233;branche. Ajoutez qui contr&#244;le quoi au quotidien. Formez ensuite les gestionnaires de dossiers &#224; ces contr&#244;les, parce qu&#8217;un humain dans la boucle ne prot&#232;ge que s&#8217;il sait ce qu&#8217;il v&#233;rifie. Un jour, quelqu&#8217;un demandera comment tout cela est gouvern&#233;. Un client, peut-&#234;tre un contr&#244;leur. Ce jour-l&#224;, la r&#233;ponse existera d&#233;j&#224;, avec une date dessus.</span></p><h2><strong>Le vrai calcul : le temps de contr&#244;le contre le temps gagn&#233;</strong></h2><p>Une automatisation port&#233;e par un mod&#232;le d&#8217;IA garde une part d&#8217;al&#233;a. Un m&#234;me flux passera dix fois, puis &#233;chouera la onzi&#232;me, sans changement apparent. Cette part d&#8217;al&#233;a fait du contr&#244;le humain un poste de travail &#224; part enti&#232;re. La rentabilit&#233; r&#233;elle du branchement se joue l&#224;.</p><p>L&#8217;&#233;quation tient en une phrase : ce que l&#8217;automatisation gagne &#224; l&#8217;encodage ne doit pas se reperdre au contr&#244;le. Supposez un gain de 50 ou 60 % sur la saisie, d&#233;j&#224; consid&#233;rable. Si la v&#233;rification de ce que la machine a produit consomme davantage que le temps gagn&#233;, le progr&#232;s est une illusion comptable. Tant que le temps de contr&#244;le reste sous le temps de production &#233;conomis&#233;, vous &#234;tes gagnant, m&#234;me loin des 100 %. Le ratio &#224; surveiller est celui-l&#224;, avant le taux de r&#233;ussite de l&#8217;outil.</p><p>Reste &#224; nommer la phase dans laquelle nous sommes. J&#8217;utilise pour cela une distinction qui me sert tout le temps, la recherche et le d&#233;veloppement. La recherche, on cherche, sans &#234;tre s&#251;r de trouver, et ce co&#251;t-l&#224; s&#8217;assume. L&#8217;industrie pharmaceutique vit comme &#231;a. Des ann&#233;es sur des mol&#233;cules, sans garantie d&#8217;aboutir au m&#233;dicament. Le d&#233;veloppement commence quand la mol&#233;cule est valid&#233;e. &#192; ce stade, produire la g&#233;lule est un chemin balis&#233;, on sait o&#249; on va. Brancher un agent sur une base comptable rel&#232;ve encore de la recherche, dans la plupart des cas d&#8217;usage. Budg&#233;tez-le en cons&#233;quence. Acceptez un co&#251;t d&#8217;exploration, et validez ce qui sort. Le passage en production attendra le jour o&#249; l&#8217;&#233;quation du contr&#244;le penche durablement du bon c&#244;t&#233;.</p><h2><strong>La norme professionnelle n&#8217;existe pas encore</strong></h2><p>Je n&#8217;ai pas trouv&#233;, &#224; ce jour, de norme ITAA consacr&#233;e au branchement d&#8217;agents IA sur des donn&#233;es de clients. Si elle m&#8217;a &#233;chapp&#233;, je serai heureux d&#8217;&#234;tre corrig&#233;, en commentaire ou en r&#233;ponse &#224; ce mail. Chaque cabinet qui branche d&#233;cide donc seul, avec les textes g&#233;n&#233;raux pour seul filet. La profession a d&#233;j&#224; connu cette s&#233;quence avec le cloud : la pratique s&#8217;est install&#233;e d&#8217;abord, le cadre collectif a suivi. Ma conviction est que les cabinets qui auront &#233;crit leur propre cadre avant la norme seront aussi ceux qui la liront sans rien devoir d&#233;faire.</p><p>Il manque encore autre chose : un chiffre belge. Combien de cabinets ont d&#233;j&#224; branch&#233; un agent, combien s&#8217;y refusent, et pour quel motif. Je n&#8217;en ai trouv&#233; aucun. Lundi matin, je lance donc un sondage sur LinkedIn pour produire ce chiffre avec vous, quatre r&#233;ponses possibles, de la lecture seule au refus par principe. Le r&#233;sultat, comment&#233;, viendra dans une prochaine lettre.</p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://lettre.patriceschellekens.be/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner&quot;,&quot;language&quot;:&quot;fr&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption">Merci d'avoir lu L'IA produit. L'humain conseille. ! Abonnez-vous gratuitement pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail.</p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Tapez votre e-mail&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="S'abonner"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Qui paie quand l'administration se trompe 190 000 fois]]></title><description><![CDATA[Deux mises en demeure en un mois, aucune date de sortie de crise. Ce que ces pannes co&#251;tent aux cabinets, et pourquoi personne ne le compte.]]></description><link>https://lettre.patriceschellekens.be/p/qui-paie-quand-ladministration-se</link><guid isPermaLink="false">https://lettre.patriceschellekens.be/p/qui-paie-quand-ladministration-se</guid><dc:creator><![CDATA[Patrice Schellekens]]></dc:creator><pubDate>Sun, 16 Aug 2026 16:40:27 GMT</pubDate><enclosure url="https://substack-post-media.s3.amazonaws.com/public/images/dc44081f-f75c-42a7-b949-6ecf36b1a218_1200x800.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p><span>Le 3 ao&#251;t, des dizaines de milliers d&#8217;entrepreneurs belges ont re&#231;u un avis de paiement pour une TVA qu&#8217;ils avaient d&#233;j&#224; pay&#233;e. Quarante-huit heures pour r&#233;gulariser, selon la Compagnie royale des experts-comptables et conseillers fiscaux de Belgique, avec une amende de 5 % annonc&#233;e sur le solde.</span></p><p><span>Le SPF Finances a confirm&#233; le chiffre. Environ 190 000 avis, envoy&#233;s par erreur.</span></p><p><span>Deux jours plus tard, l&#8217;administration s&#8217;engageait. Aucun int&#233;r&#234;t de retard, aucune p&#233;nalit&#233;, les paiements trait&#233;s sur base de la date valeur, aucune d&#233;marche &#224; effectuer pour ceux qui avaient pay&#233; dans les temps.</span></p><p><span>Une panne, un correctif, un communiqu&#233; rassurant. C&#8217;est ainsi que l&#8217;affaire a &#233;t&#233; racont&#233;e, et le r&#233;cit est exact.</span></p><p><span>Il laisse de c&#244;t&#233; les deux jours qui s&#233;parent l&#8217;avis du communiqu&#233;. C&#8217;est pourtant l&#224; que se trouve le sujet.</span></p><p><span>Pendant ces deux jours, la profession comptable a exerc&#233; une fonction de contr&#244;le que personne ne lui a confi&#233;e, que personne n&#8217;a organis&#233;e et que personne ne paiera. Elle l&#8217;exerce chaque fois qu&#8217;une plateforme publique tombe. Cet &#233;pisode a simplement rendu la chose visible.</span></p><h2><span>Ce qui s&#8217;est pass&#233; dans les cabinets</span></h2><p><span>Des milliers de dirigeants ont appel&#233; leur comptable.</span></p><p><span>Et dans chaque cabinet concern&#233;, quelqu&#8217;un a fait le m&#234;me travail. Sortir l&#8217;extrait de compte. Retrouver la communication structur&#233;e. V&#233;rifier la date valeur. Comparer avec le solde du compte-provisions. Rappeler le client. Lui expliquer qu&#8217;il ne doit rien, qu&#8217;il ne doit surtout pas payer une seconde fois, et que non, il n&#8217;y aura pas d&#8217;amende, probablement.</span></p><p><span>L&#8217;Institut a d&#8217;ailleurs publi&#233; la marche &#224; suivre : documenter le solde du compte-provisions, rassembler les preuves de paiement avec extraits bancaires et communication structur&#233;e, conserver une copie compl&#232;te de l&#8217;avis.</span></p><p><span>C&#8217;est un protocole de v&#233;rification. Appliqu&#233; dossier par dossier.</span></p><p><span>Ce temps est tomb&#233; sur une ligne de facturation que personne ne trouvera, parce qu&#8217;elle n&#8217;existe pas. Il a &#233;t&#233; absorb&#233;.</span></p><h2><span>Le mot qui manque dans tous les communiqu&#233;s</span></h2><p><span>Tous les textes parlent des entreprises. Elles sont &#171; rassur&#233;es &#187;, elles n&#8217;ont &#171; aucune d&#233;marche &#224; effectuer &#187;, leurs dossiers sont &#171; en cours de r&#233;gularisation &#187;.</span></p><p><span>C&#8217;est vrai, et c&#8217;est une bonne nouvelle.</span></p><p><span>Aucune entreprise, pourtant, n&#8217;a v&#233;rifi&#233; quoi que ce soit toute seule. Ce sont les cabinets qui ont absorb&#233; le choc, et la seule voix &#224; l&#8217;avoir dit clairement est celle de la CRECCB : les experts-comptables et les conseillers fiscaux &#171; perdent un temps pr&#233;cieux sur des dossiers qui &#233;taient parfaitement en r&#232;gle &#187;.</span></p><p><span>La formule est exacte. Le travail suppl&#233;mentaire a port&#233; sur des dossiers propres, pay&#233;s &#224; temps, sans aucune anomalie.</span></p><p><span>C&#8217;est la d&#233;finition du travail &#224; valeur nulle. Il ne produit rien, il ne corrige rien, il r&#233;tablit un &#233;tat qui &#233;tait d&#233;j&#224; correct avant.</span></p><h2><span>Douze jours plus tard, et toujours pas de date</span></h2><p><span>Nous sommes le 16 ao&#251;t. L&#8217;engagement du 5 ao&#251;t tient toujours, et rien n&#8217;indique qu&#8217;il ne sera pas respect&#233;.</span></p><p><span>Aucune &#233;ch&#233;ance n&#8217;a &#233;t&#233; communiqu&#233;e pour l&#8217;ach&#232;vement de la r&#233;gularisation. Le SPF indique mettre tout en &#339;uvre, sans date. L&#8217;Institut suit le dossier et pr&#233;voit des rencontres avec le cabinet du ministre pour acc&#233;l&#233;rer la correction.</span></p><p><span>Et la consigne donn&#233;e aux professionnels contient une phrase qui m&#233;rite d&#8217;&#234;tre relue. Il leur est demand&#233; de signaler toute amende qui serait malgr&#233; tout r&#233;clam&#233;e.</span></p><p><span>Autrement dit, l&#8217;engagement fonctionne sans m&#233;canisme de contr&#244;le. Le dispositif de v&#233;rification, c&#8217;est vous. Sans &#233;ch&#233;ance, donc pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e.</span></p><p><span>Je crois que c&#8217;est un impens&#233; plut&#244;t qu&#8217;une intention, et c&#8217;est ce qui le rend int&#233;ressant.</span></p><h2><span>Deux mises en demeure en moins d&#8217;un mois</span></h2><p><span>Le 4 ao&#251;t, le cabinet flamand FiscoSurplus a mis l&#8217;&#201;tat belge en demeure pour ces probl&#232;mes de TVA, avec l&#8217;appui de la CRECCB.</span></p><p><span>Le 16 juillet, dix-neuf jours plus t&#244;t, l&#8217;ITAA avait fait de m&#234;me pour les pannes &#224; r&#233;p&#233;tition des plateformes du SPF Finances, en particulier Tax-on-web.</span></p><p><span>Deux mises en demeure en moins d&#8217;un mois, par deux acteurs diff&#233;rents de la m&#234;me profession.</span></p><p><span>Un incident isol&#233; se traite par un correctif. Une s&#233;rie se traite autrement, parce qu&#8217;elle dit quelque chose sur le syst&#232;me et pas sur l&#8217;&#233;v&#233;nement.</span></p><p><span>Tant que les plateformes fonctionnent, la fonction de contr&#244;le exerc&#233;e par les cabinets reste invisible. Quand elles &#233;chouent, elle devient le seul filet.</span></p><h2><span>Une fonction sans nom</span></h2><p><span>Il existe une lecture pessimiste de cet &#233;pisode, selon laquelle le m&#233;tier subit et n&#8217;a pas de levier. Ma lecture est diff&#233;rente, et je la donne comme telle.</span></p><p><span>Pendant deux jours, la profession a &#233;t&#233; le seul point de fiabilit&#233; entre une administration en panne et 190 000 entrepreneurs inquiets. Aucun outil ne l&#8217;a fait. Aucune plateforme ne l&#8217;a fait. Des personnes, dans des cabinets, ont v&#233;rifi&#233; des dossiers un par un et ont rassur&#233; des dirigeants qui, eux, n&#8217;avaient aucun moyen de savoir.</span></p><p><span>C&#8217;est exactement la valeur que la profession peine &#224; nommer quand on lui demande ce qu&#8217;elle vend.</span></p><p><span>Elle vend la capacit&#233; &#224; dire, avec autorit&#233;, ce qu&#8217;un chiffre signifie et ce qu&#8217;il faut en faire. Y compris quand le chiffre vient de l&#8217;&#201;tat et qu&#8217;il est faux.</span></p><p><span>Cette fonction a tenu pendant deux jours. Elle tiendra la prochaine fois. Et elle n&#8217;a toujours pas de nom.</span></p><p><span>Tant qu&#8217;elle n&#8217;en a pas, elle n&#8217;a pas de prix.</span></p><p><span>Faites le compte sur votre propre portefeuille, pour cet &#233;pisode pr&#233;cis. Combien de dossiers concern&#233;s, combien de minutes entre la v&#233;rification et le coup de t&#233;l&#233;phone, et sur quelle ligne ce temps est tomb&#233;.</span></p><p><span>Personne n&#8217;a jamais fait ce calcul &#224; l&#8217;&#233;chelle de la profession. C&#8217;est peut-&#234;tre le premier chiffre qui manque.</span></p><div><hr></div><p><em><span>Si ce genre d&#8217;analyse vous est utile, abonnez-vous. J&#8217;&#233;cris sur ce que la transformation du m&#233;tier co&#251;te r&#233;ellement aux cabinets belges, et sur ce qu&#8217;elle leur laisse.</span></em></p><p class="button-wrapper" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://lettre.patriceschellekens.be/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;S'abonner maintenant&quot;,&quot;action&quot;:null,&quot;class&quot;:null}" data-component-name="ButtonCreateButton"><a class="button primary" href="https://lettre.patriceschellekens.be/subscribe?"><span>S'abonner maintenant</span></a></p><div><hr></div><p><strong>Patrice Schellekens</strong>, expert-comptable agr&#233;&#233; ITAA. Il enseigne la comptabilit&#233; et la fiscalit&#233; &#224; Bruxelles et dirige Viseeon Belgique.</p><div><hr></div><p><strong>Sources</strong></p><p>ITAA, <a href="https://www.blogitaa.be/fr/2026/08/04/compte-provisions-tva-des-avis-de-paiement-portant-sur-des-montants-deja-payes/">Compte-provisions TVA, des avis de paiement portant sur des montants d&#233;j&#224; pay&#233;s</a>, 4 ao&#251;t 2026</p><p>ITAA, <a href="https://www.blogitaa.be/fr/2026/08/05/compte-provisions-tva-le-spf-finances-confirme-quil-ny-aura-pas-damendes/">Compte-provisions TVA, le SPF Finances confirme qu&#8217;il n&#8217;y aura pas d&#8217;amendes</a>, 5 ao&#251;t 2026</p><p>L&#8217;&#201;cho, <a href="https://www.lalibre.be/economie/conjoncture/2026/08/04/letat-encore-mis-en-demeure-cette-fois-pour-des-problemes-avec-le-prelevement-de-la-tva-AILXAUETY5F47OMAJK76MX643M/">L&#8217;&#201;tat encore mis en demeure, cette fois pour des probl&#232;mes avec le pr&#233;l&#232;vement de la TVA</a>, 4 ao&#251;t 2026</p><p>RTBF, <a href="https://www.rtbf.be/article/190-000-entreprises-et-independants-inquiets-l-etat-les-a-invites-par-erreur-a-payer-une-deuxieme-fois-la-tva-11766430">190 000 entreprises et ind&#233;pendants inquiets</a>, 4 ao&#251;t 2026</p>]]></content:encoded></item></channel></rss>